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Alimentation & Protéines7 min de lecture

Combien de protéines par jour après 50 ans ?

La référence officielle est 0,83 g/kg par jour. Après 50 ans, des experts recommandent davantage. Comment calculer votre cible en grammes selon votre poids.

Une femme d'une cinquantaine d'années, de dos et de trois quarts, debout devant un comptoir de cuisine lumineux, qui dispose des aliments riches en protéines : œufs, yaourt, poulet cuit, légumineuses. Lumière naturelle douce, aucun visage visible.
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L'apport en protéines se mesure en grammes par kilo de poids corporel. C'est un point de départ utile, mais abstrait. Deux adultes qui lisent le même repère peuvent avoir des cibles très différentes selon leur poids et leur âge. Cet article vous donne la référence officielle, ce que des experts recommandent à partir de 50 ans, et comment calculer un objectif en grammes adapté à votre poids.

L'essentiel

  • La référence officielle (EFSA, ANSES) est de 0,83 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour pour les adultes en bonne santé.
  • Pour les plus de 65 ans, des experts recommandent au moins 1,0 à 1,2 g/kg. Ce repère vaut aussi dès 45-50 ans pour anticiper.
  • Pour un adulte de 70 kg, cela représente entre 58 g et 84 g de protéines par jour selon le repère retenu.

La référence officielle : 0,83 g/kg par jour

En 2012, l'Autorité européenne de sécurité des aliments a établi à 0,83 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour l'apport de référence pour la population adulte européenne. L'ANSES retient le même chiffre pour les adultes en bonne santé en France, sur la page officielle consacrée aux protéines.

Ce chiffre provient d'études de bilan azoté : elles mesurent combien de protéines le corps consomme et excrète pour rester en équilibre. Il vise à couvrir les besoins de la quasi-totalité des adultes selon cette méthode. Il n'a pas été dérivé de marqueurs de masse musculaire ou de force.

En pratique, pour une personne de 65 kg, cela correspond à 54 g de protéines par jour. Pour 75 kg, 62 g. Pour 85 kg, 71 g. Ce sont des minima officiels, pas des cibles de performance.

Ce que des experts recommandent à partir de 65 ans

En 2013, un groupe d'experts réunis sous le nom PROT-AGE a publié dans le Journal of the American Medical Directors Association des recommandations fondées sur la littérature scientifique disponible. Pour les adultes de plus de 65 ans, ils ont recommandé un apport journalier d'au moins 1,0 à 1,2 g par kilo de poids corporel, davantage pour les personnes physiquement actives.

Cette recommandation repose sur une revue de la littérature : c'est une position d'experts, pas une preuve issue d'un grand essai contrôlé. Elle n'a pas été reprise par l'EFSA ni par l'ANSES dans leurs références nutritionnelles officielles.

Pour résumer ce que disent les repères disponibles : 0,83 g/kg est la référence officielle (EFSA, ANSES). Des experts la jugent trop basse : pour les plus de 65 ans, ils recommandent au moins 1,0 à 1,2 g/kg. Dès 45-50 ans, 1,0 à 1,2 g/kg est un repère prudent pour anticiper, pas une recommandation démontrée.

Pour un adulte de 70 kg, passer de 0,83 à 1,0 g/kg signifie passer de 58 g à 70 g de protéines par jour. Pour 80 kg, de 66 g à 80 g.

Ce que dit la recherche sur les apports observés

Une méta-analyse publiée en 2020 dans le Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle, conduite dans le cadre du projet européen PROMISS, a analysé les apports de 8 107 adultes de 55 ans et plus issus de cohortes en Europe et en Amérique du Nord. Résultat : 21,5 % des participants consommaient moins de 0,8 g de protéines par kilo de poids ajusté par jour (IC 95 % : 14-30 %). En prenant le seuil de 1,2 g/kg, 70,8 % se situaient en dessous (IC 95 % : 65-76 %). Les auteurs soulignent que les conséquences de ces apports restent à étudier.

Ces données sont observationnelles et ne concernent pas directement la France. Elles donnent toutefois un ordre de grandeur sur la fréquence des apports bas dans cette tranche d'âge.

Du côté des adultes plus jeunes, une étude publiée en 2021 dans le Journal of Nutrition a analysé les données de 2 417 adultes de 40 à 59 ans issues de l'enquête NHANES 2011-2014 aux États-Unis. Elle a trouvé une association positive entre l'apport en protéines et la force de préhension et la masse maigre appendiculaire. C'est une étude observationnelle : elle ne prouve pas de relation de cause à effet, mais les deux variables varient dans le même sens.

Comment calculer votre cible journalière

Le calcul tient en une ligne. Multipliez votre poids en kilos par le repère que vous retenez.

Avec la référence officielle (0,83 g/kg) :

  • 60 kg : 50 g de protéines par jour
  • 70 kg : 58 g par jour
  • 80 kg : 66 g par jour
  • 90 kg : 75 g par jour

Avec le repère prudent pour les 45-50 ans (1,0 à 1,2 g/kg) :

  • 60 kg : 60 à 72 g par jour
  • 70 kg : 70 à 84 g par jour
  • 80 kg : 80 à 96 g par jour
  • 90 kg : 90 à 108 g par jour

Ces chiffres s'appliquent à des adultes en bonne santé. Ils ne s'appliquent pas aux personnes atteintes d'une maladie rénale sévère : dans ces situations, les repères protéiques font l'objet d'un suivi médical spécifique.

Une fois la cible journalière connue, la question suivante est souvent : comment la répartir dans la journée pour qu'elle soit bien utilisée ? Ce point fait l'objet d'un article dédié : Combien de protéines par repas après 45 ans ?

L'entraînement en résistance change l'équation

Une méta-analyse de 49 essais conduite par Morton et al. en 2018, publiée dans le British Journal of Sports Medicine, a analysé les effets de la supplémentation en protéines sur la masse maigre chez 1 863 adultes qui s'entraînaient en résistance. Elle a trouvé que les gains de masse maigre plafonnent autour de 1,62 g/kg par jour, et que l'effet de la supplémentation est plus faible avec l'âge. Mais son résultat porte entièrement sur des personnes qui pratiquent l'entraînement en résistance.

Les protéines supplémentaires ne construisent pas de muscle sans entraînement en résistance. L'apport protéique et l'activité physique ciblée fonctionnent ensemble. L'un sans l'autre ne suffit pas.

Pour construire ou préserver la masse musculaire après 50 ans, l'assiette et le mouvement sont les deux leviers. Connaître sa cible quotidienne en protéines est le premier pas côté alimentation.

FAQ

Combien de grammes de protéines par jour après 50 ans ?

Pour un adulte en bonne santé, la référence officielle (EFSA, ANSES) est de 0,83 g par kilo et par jour. Pour une personne de 70 kg, cela correspond à 58 g par jour. Des experts recommandent de viser 1,0 à 1,2 g/kg dès 45-50 ans comme repère prudent, soit 70 à 84 g pour 70 kg. Ce repère n'est pas une recommandation officielle démontrée, mais une position d'experts publiée notamment par le groupe PROT-AGE en 2013.

Comment calculer ses besoins en protéines selon son poids ?

Multipliez votre poids en kilos par 0,83 pour obtenir le minimum officiel, ou par 1,0 à 1,2 pour le repère prudent à partir de 50 ans. Pour 75 kg, cela donne entre 62 g et 90 g par jour selon le repère retenu. En cas de maladie rénale, ces repères ne s'appliquent pas et un avis médical est nécessaire.

La référence de 0,83 g/kg est-elle suffisante après 50 ans ?

L'EFSA (2012) et l'ANSES fixent ce chiffre à 0,83 g/kg pour tous les adultes en bonne santé, sans distinguer les tranches d'âge au-delà de 18 ans. Des experts estiment que ce chiffre ne tient pas compte de la résistance anabolique qui s'installe avec l'âge. Ils recommandent 1,0 à 1,2 g/kg pour les plus de 65 ans (PROT-AGE, 2013). Pour la tranche 45-65 ans, il n'existe pas de consensus officiel : 1,0 à 1,2 g/kg reste un repère prudent, pas une norme démontrée.

Faut-il plus de protéines si l'on fait du sport après 50 ans ?

Oui, selon les repères disponibles. Le groupe PROT-AGE recommande un apport supérieur à 1,2 g/kg pour les adultes de plus de 65 ans qui s'entraînent régulièrement. Une méta-analyse de 49 essais (Morton et al., 2018) montre que les gains de masse maigre avec l'entraînement en résistance plafonnent autour de 1,62 g/kg, avec un effet plus faible avec l'âge. Protéines et entraînement agissent ensemble : ni l'un ni l'autre ne suffit seul.

Sources

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